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-   L’Union Fédérale des Consommateurs
- QUE CHOISIR - de Nancy, en pourvoyeuse...








* ANTIP.A.C. :
Anti-Piège
à Consommateur
www.Ufc-net.com


Depuis le formidable observatoire que représente également pour lui l’U.F.C.
ou Union Fédérale des Consommateurs - QUE CHOISIR - de Nancy,
Association qu’il préside depuis 1994, Guy Grandgirard esquisse les contours
de notre futur ! Nous, les consommateurs aux prises avec la nouvelle monnaie,
des citoyens qu’il désire mettre en garde contre les idées reçues...

M.-L.Nolte : Comment définissez-vous votre rôle ?
Guy Grandgirard : Nous avons un rôle de régulateur. Nous travaillons
au respect des parties en présence : consommateurs et vendeurs.
Lorsqu’il y a litige, nous veillons avant tout au maintien d’un rapport
courtois entre les deux parties. Lorsqu’il y a non respect de l’une
ou l’autre des parties, notre rôle est de les remettre chacune
à leur place. "un rapport courtois ou discourtois avec son banquier !"
M.-L.Nolte : Qu’est-ce qu’un rapport courtois entre vendeur et consommateur ?
Guy Grandgirard : Selon le Petit Robert, un rapport courtois est un rapport raffiné... Ici, le raffinement consiste en ce que les deux parties, consommateurs et vendeurs, soient absolument égales face au contrat
de vente qui les lie, et par extension à la loi. A notre charge de faire en sorte que le vendeur n’occulte pas le contrat, ou l’un de ses aspects,
en cas de litige. A notre charge d’éduquer le consommateur afin
qu’il sache à quoi il s’engage lorsqu’il fait un achat.
M.-L.Nolte : Pourriez-vous illustrer ce propos par un exemple concret ?
Guy Grandgirard : Bien sûr ! Je vais vous donner un exemple que tout
le monde comprendra : l’exemple d’une relation courtoise ou discourtoise avec son banquier. En cas de litige avec votre banque, la meilleure façon
de procéder, afin que la relation soit courtoise, c’est de demander la copie de la convention bancaire qui était en vigueur à l’ouverture du compte.
Avec votre demande, n’oubliez-pas de préciser que si le banquier, par distraction, ne la retrouvait pas, vous seriez en droit de demander
à votre banque le remboursement des frais occasionnés par le litige !
M.-L.Nolte : C’est un peu dur ! Ne pensez-vous pas que c’est installer,
a priori, un rapport de force avec ce pauvre banquier ?

Guy Grandgirard : Pauvre banquier ! Pas du tout ! Riche banquier !... devriez-vous dire. Car en l’occurrence, vous êtes le ou la cliente de
votre banque. Et lorsqu’il y a litige, il est normal que vous, cliente,
ayez les mêmes données contractuelles que votre vendeur, la banque.
"On sort ses armes ; on les pose sur la table ; et après on cause..."
M.-L.Nolte : Ne craignez-vous pas de pousser à une autre consommation,
celle du juridique ?

Guy Grandgirard : Nous y venons obligatoirement ! Notre société est
de plus en plus complexe. Tout est de plus en plus réglementé. Indéniablement, on constate une évolution des contrats, et de la société, vers le tout juridique. Il est difficile d’y échapper! Depuis dix, douze ans, nous remarquons que notre société change à une vitesse vertigineuse...
Par conséquent, Il y a obligation d’utiliser le texte légal si l’on veut être dans son droit.
M.-L.Nolte : Comme aux états-Unis...
Guy Grandgirard : Exactement ! Nous allons vers une société de droit américain. Dès qu’il y a faute, il y a procès ! Il y a dix ans, le droit commercial supportait encore l’idée de souplesse, sous entendant
qu’il était possible de discuter, trouver des arrangements amiables. Actuellement, le droit se réduit à un code de juridiction.
Par conséquent, pour arriver à une approche amiable d’une question litigieuse, il faut premièrement sortir ses armes (le contrat et ce qui
a fait jurisprudence), deuxièmement les poser sur la table (constater
que l’intégralité des contrats sont connus de part et d’autre) et, troisièmement seulement après, causer (l’approche amiable) !
”Un observatoire, un laboratoire d’analyses et un cabinet d’anticipation”
M.-L.Nolte : Ainsi, l’anticipation serait-elle la solution ?
Guy Grandgirard : C’est exactement ce que nous essayons de faire comprendre à nos adhérents. Dans notre Association, pour une période donnée, nous intervenons souvent à propos du même type de litiges.
Ces litiges sont autant de symptômes qui relatent le dysfonctionnement d’un système. Dans ce sens, on peut dire que notre Association est
un observatoire idéal... car lorsque les histoires se répètent, que les symptômes sont récurrents, il nous est permis d’analyser, de tirer les lois
et des leçons ; ensuite, il nous faut trouver des solutions pour nos adhérents... A force, nous essayons d’anticiper !
"Concernant l’Euro, deux étapes majeures restent à venir !"
M.-L.Nolte : A propos du passage à l’euro, aviez-vous pu anticiper ?
Qu’aviez-vous vu ?

Guy Grandgirard : Le passage à l’Euro n’est rien ! Le plus difficile reste
à venir ! Nous aurons deux étapes difficiles. La première se situe en mai, juin. Nous assisterons à la disparition complète du double affichage
des prix. Les consommateurs n’auront plus aucun repère concret.
Il ne leur restera que la mémoire. La mémoire ne suffira pas à éviter la confusion ! Beaucoup de consommateurs vont se tromper..., faire des erreurs d’évaluation. Pour limiter ces phénomènes, nous conseillons
autant que possible de ne pas traduire les prix en francs. Le mieux serait d’intégrer directement les prix en euros. Par exemple, je sais que tant
que mon kilo d’oranges ne dépasse pas 2 euros, le prix est raisonnable !
La sagesse voudrait que l’on opère ainsi pour tous les produits de consommation courante. Certes, cela demande un effort mental mais
c’est un moindre mal.
M.-L.Nolte : Vous conseillez de procéder par comparaison...
Avant, mes choux de Bruxelles valaient entre 8 et 12 F le kilo ; à présent,
ils devraient coûter 1,50€ environ... mais en tout cas jamais plus de 2€ ...

Guy Grandgirard : C’est cela ! Car tant qu’il s’agit de quelques articles
au fond d’un panier, il n’est pas insurmontable d’évaluer les écarts
de prix. En revanche, je vous laisse imaginer ce que cela représentera lorsque vous passerez au caddy de supermarché. L’opération sera
infiniment plus complexe ! Actuellement, les prix des grandes surfaces
ne bougent pas... La grande distribution s’est engagée, auprès de Bercy,
à maintenir ses prix jusqu’au premier avril. Mais il ne s’agit là que d’un engagement moral ! Gageons que si les fournisseurs augmentent
leurs prix, les grandes surfaces dont le bénéfice ne représente
qu’une faible marge, se verront contraintes d’augmenter les leurs, engagement moral ou pas ! Ce qui, pour les consommateurs,
risque d’apparaître comme une bien mauvaise farce...
M.-L.Nolte : Mais alors, quelle est la solution ?
Guy Grandgirard : Ne pas changer ses habitudes de consommation ;
ne pas faire l’impasse du petit exercice mental de comparaisons
des prix (avant le passage à l’euro... et les prix affichés en euro).
Car je le répète, les vrais problèmes proviendront premièrement d’une
perte de repères... lorsque le double affichage aura disparu ; deuxièmement d’une augmentation éventuelle des prix
dans la grande distribution.
"La disparition des centimes d’euro..."
M.-L.Nolte : Le printemps s’annonce studieux et peu propice à la fantaisie...
En revanche, nous voilà avertis !

Guy Grandgirard : Et ce n’est pas tout ! Une autre question reste en
suspend : la question des centimes d’euro. Tant que nous les écrivons
sur des chèques... aucun problème ! Mais lorsqu’il s’agit de les
accumuler dans notre porte-monnaie... Beaucoup déjà se plaignent
du poids de la menue monnaie, d’autres de la lenteur du rendu-monnaie. Bref, toute cette monnaie n’est pas dans nos habitudes, contrairement
à nos voisins allemands habitués à des paiements liquides quotidiens. Selon toute vraisemblance, la France verra bientôt disparaître ses petites pièces de cuivre rose (1 et 2 centimes d’euro). Mais alors,... attention
aux prix ! Car si les prix sont arrondis aux cinq centimes supérieurs,
le prix global du caddy risque de faire le grand écart...
"Fin 2002, début 2003..."
M.-L.Nolte : Alors... globalement, aucun message d’espoir ?
Guy Grandgirard : Mais si, bien sûr ! Vers la fin de l’année 2002,
nous aurons acquis l’habitude de l’euro. Nous aurons ajusté nos
habitudes mentales à la nouvelle monnaie ! Cependant, c’est à ce
moment là qu’il faudra être vigilant, surtout lors de la signature des contrats. Tout ce que vous pourrez signer comme engagements à moyen
et long terme devrait faire l’objet d’une mûre réflexion. Début 2003,
quand tout le monde aura perdu l’habitude du franc, et qu’il n’y aura
plus que des euros dans vos contrats, il sera bon de revenir aux francs
afin de peser la valeur de vos engagements. Je pense notamment aux engagements financiers à long terme telle l’assurance vie,
les conventions bancaires, etc..
M.-L.Nolte : Merci, Guy Grandgirard d’ici fin 2002, nous ne manquerons
pas de revenir vers vous... Nous irons régulièrement visiter votre site internet
qui fourmille de conseils, l’ANTIP.A.C.*, rubrique mensuelle qui relate
des anecdotes de consommateurs incroyables mais vraies !

  Marie Louise Nolte
février/mars 2002
 

Union Française des consommateurs -Que choisir Nancy
2, rue des fabriques - 54000 Nancy - 03 83 32 98 19 - www.Ufc-net.com