Collage
original de
K. A. N. Wiesa :
"Florasoft",
mai 2003,
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Donc, pour parler, nous faisons
des bruits avec la bouche...
Pour écrire, on aurait pu faire correspondre
une consonne à chaque son “consonne”,
et une voyelle à chaque son “voyelle” !
Mais... ça aurait vraiment manqué de fantaisie.
Si mes souvenirs sont exacts nos ancêtres
en étaient à ce stade primitif de l'écriture,
quand un comte allemand, qui était venu
en France, chercher une occupation,
décida de changer tout ça.
Il s'appelait Orto Graf, et il était très vexé
parce qu'à cette époque, en France,
ce qui s'écrivait "f" se prononçait “s”.
On l'appelait donc Orto Gras, ce qu'il prenait
pour une allusion à sa rondeur...
d'autant plus qu'il y avait un notable
du coin qui s'appellait Ortomègre,
et qui était justement d'un type filiforme.
C'est pourquoi Orto Graf pondit
le fameux décret qui décidait que
les “p” suivis de “h” font “feu”,
et qu'à par cela, toutes les autres consonnes
pouvaient être suivies d'un “h”,
sans que cela leur porte préjudice,
et que de plus on pouvait se mettre des “e”
où on voulait, même à la fin d'un mot, et
qu'il y avait d'autant moins d'inconvénient
à cela que tous les paresseux de la région
qu'il occupait ne se donnerait jamais
la peine de prononcer ses “e” dits muets.
En foi de quoi, il signa : "Orthographe |